Chronique – Sharakhaï, tome 2 : Le Sang sur le Sable, de Bradley P. Beaulieu

Fiche technique

Titre : Le Sang sur le Sable
Auteur : Bradley P. Beaulieu
Genre : Fantasy
Langue : Français
Édition : Bragelonne
Nombre de pages : 696
Date de parution : 15/11/2017 (France)

Çeda est désormais une Vierge du Sabre, une guerrière d’élite. Tandis que les Rois de Sharakhaï lui confient des missions pour consolider leur pouvoir, la jeune fille s’efforce de découvrir leurs secrets. Elle connaît déjà la terrible histoire des asirim, et lorsqu’un lien se crée entre eux, leur douleur devient la sienne. Les asirim veulent briser leurs chaînes, or ils sont soumis à la volonté des dieux et n’ont d’autre choix que d’obéir. L’atmosphère de Sharakhaï est plus délétère que jamais. Quand Çeda et son ami Emre sont impliqués dans un complot ourdi par un mage de sang, ils font une incroyable découverte qui pourrait bien renverser l’ordre établi. Mais malheur à ceux qui s’opposent aux Rois immortels et aux Vierges aux sabres d’ébène…

Mon avis

Ma note : (5 / 5)

 

J’ai découvert la saga Sharakhaï de Bradley P. Beaulieu, et surtout son premier tome, à l’occasion de la Grosse Op’ de Bragelonne / Milady / Castelmore. Pour être tout à fait honnête, je ne sais pas du tout si je me serais intéressée à cette saga sans ça… Mais je. ne. regrette. absolument. pas. Il y avait très, très longtemps qu’une série ne m’avait pas accrochée comme celle-là… Et elle s’est très vite hissée en 4e place de mon top 5 de mes sagas préférées ! Lequel comporte en top 3 L’Assassin Royal de Robin Hobb, La Roue du Temps de Robert Jordan et Les Grandes Guerres des Dieux de David & Leigh Eddings quand même hein.

Bref, donc j’ai lu le tome 1 quelques mois après son achat, j’ai adoré – à l’occasion, j’en ferai probablement une chronique – et le tome 2 est sorti quelques temps après, pour ma plus grande joie… Mais je n’ai trouvé le temps de le lire que récemment, en revenant d’un week-end ski avec mon entreprise. Et comment vous dire combien j’ai aimé ce livre tout en restant objective ? Ça va être dur je le crains…

“Il y a un temps pour faire usage de la lame d’un sabre, pour maintenir la paix ou pour repousser l’ennemi afin de satisfaire aux désirs des dieux qui nous guident. Mais il y a également un temps où le sang ne fait qu’appeler le sang.”

Comme le premier tome, j’ai été happée par l’histoire dès les premiers mots. Comme ça fait quelques mois que j’ai lu le premier tome, je ne me souvenais pas de tout, certains détails et événements me sont revenus au fur et à mesure de ma lecture et de l’apparition des personnages, mais ça ne m’a absolument pas empêchée de tout comprendre et tout remettre dans son contexte. L’écriture de l’auteur est fluide, sans superflu, et ce volume regorge de détails comme je les aime sur l’univers de Sharakhaï ; géographie, culture, traditions… À chaque scène, j’imaginais sans peine l’environnement, les odeurs, la sensation du vent sec et chaud sur ma peau, l’intensité du soleil… Bref, je suis très vite rentrée dans l’histoire et dans l’univers de Sharakhaï, et c’est vraiment ce que je préfère dans un livre : plus il m’est facile de rentrer dans un univers riche et complexe, plus je vais aimer.

Donc, pour le contexte, il s’agit une fantasy orientale, les événements se passent dans la ville de Sharakhaï, située au centre du Désert du Grand Shangazi et on y suit Çedaminh Ayanesh’ala (qui doit vouloir dire quelque chose comme “fille d’Ayanesh”), dont le désir de vengeance envers les Douze Rois de Sharakhaï, après la torture et le meurtre de sa mère, est quasiment sans limites. Çedaminh est un personnage féminin comme je les aime : forte mais pas sans faiblesse, sachant se battre mais sans être non plus invincible, têtue et impatiente. À côté, on a son ami d’enfance Emre, qui a le même but mais pour différentes raisons, et qui emprunte un chemin différent. Et enfin, sans doute moins sous les projecteurs, il y a Ramahd Amansir, qui lui cherche à venger sa famille, et dont la cible n’a pas de rapport (pour ce qu’on en sait), avec les Rois. Ces trois personnages gravitent donc les uns autour des autres, mais chacun suit un chemin différent, et s’ils sont amenés à se croiser et travailler ensemble par moments… On se doute vite qu’ils pourront être amenés à s’opposer aussi les uns aux autres, en raison du contexte différent dans lequel ils évoluent. Ces personnages sont, en tout cas, le point fort de la série, outre l’univers riche et complexe dans lequel ils évoluent ; ils ne sont pas parfaits, ont des secrets, prennent des chemins et font des choix différents… C’est vraiment très plaisant de les suivre.

“Ce désert nous a été offert. C’est notre bien légitime. Certains, comme toi, rêvent de nous l’arracher, mais cela n’arrivera jamais. Les Rois règnent sur Sharakhaï. Les Rois règnent sur le Grand Shangazi. Il en sera toujours ainsi.”

Du coup, les chapitres suivent différents points de vue. Certains chapitres suivent Çeda, généralement dans le présent mais certains explorent son enfance ; d’autres suivent Emre ; quelques uns sont consacrés à Ramahd et Meryam ; et enfin les autres suivent des personnages un peu moins sur le devant de la scène, comme Davud, Zaïde et quelques Rois. Et ça et là, au travers des chapitres qui relatent des événements du passé de Çeda et de sa mère, les clés de certains événements qui surviennent dans le livre sont dévoilées petit à petit. Certains seront sans doute ennuyés par cette alternance de points de vue et de scènes passées, mais en ce qui me concerne, j’adore. D’un chapitre à l’autre, de nouvelles questions prennent forme, certaines réponses sont données mais en même temps, je suis restée frustrée par l’absence de réponses à plusieurs interrogations bien précises… Et à chaque scène, je réfléchis, j’essaye de trouver des liens, des fragments de réponses et des indices avec d’autres scènes, d’autres questions… Souvent sans succès, et quand j’arrive enfin au dénouement, je me dis “ah, mais oui !”.

Les événement sont relativement lents au début, j’ai suivi l’histoire en se demandant où ça allait me mener et quel rapport les différentes scènes pouvaient bien avoir entre elles. J’ai ressenti l’impatience de Çeda dans sa quête de vengeance, sa frustration, le sentiment d’impuissance ou d’agacement que certains personnages peuvent provoquer (Hamzakiir, Juvaan Xin-Lei, Yndris…). Le rythme s’accélère grandement à la fin, pas le temps de souffler que les événements s’enchaînent ; certains m’auront laissée dans un état jubilatoire, et d’autres dans un état de frustration et de crispation intense… Je n’ai pas vu ces presque 700 pages défiler, tellement j’étais absorbée par l’histoire. J’ai vraiment aimé ce volume, et du coup, quand je suis arrivée à la fin, la seule chose qui a traversé mon esprit ça a été : “il paraît quand le tome 3 ?!” ! (Après un “déjà fini ? Noooooooooon !”).

“Il se prépare quelque chose qui va changer le monde. Je le sais, mais j’ignore quelle forme ce changement – cette menace – prendra.”

Bref, en conclusion, vous aurez compris, je l’imagine, que j’ai vraiment, vraiment aimé ce tome, et que de manière générale, j’adore déjà cette saga. C’est la première saga du genre fantasy orientale que je lis ; jusqu’à présent je n’avais lu que des sagas de fantasy générale, même si certaines ont une partie orientale dans leur univers (je pense notamment au Cycle des Démons de Peter V. Brett ou à La Roue du Temps de Robert Jordan)… Mais en tout cas, je ne suis pas déçue du voyage. Bradley P. Beaulieu a extrêmement bien construit son univers et a su attiser mon intérêt pour un monde qui ne m’aurait pas forcément attirée au premier abord, et j’en suis ravie. J’attends avec impatience le tome 3, pour voir où la quête de vengeance de Çeda va nous mener, et j’espère que le prochain tome sera aussi rythmé, généreux en événements, retournements de situation et surprises, que celui-là l’a été !

Pour aller plus loin dans l’univers de Sharakhaï, l’auteur a écrit un certain nombre de nouvelles qui explorent différents personnages, différents pans de cet univers ; pour l’instant, il en existe 4 : une première sur Çeda, sur un pan de son passé en tant que la Louve Blanche, combattante d’arène ; une sur Dardzada, un personnage important du passé de Çeda ; une sur Leorah, un personnage qui a fait quelques apparitions dans ce tome 2 et qui a un rapport avec la mère de Çeda ; et la dernière porte sur Brama, ami d’enfance de Çeda et Emre, et a sans doute un rapport avec la première nouvelle sur Çeda. J’ai assez hâte de les lire, aussi j’espère que Bragelonne va les sortir rapidement… Sinon, tant pis, j’irai les lire en anglais !

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4 commentaires
  1. J’ai beaucoup aimé le tome 1 que j’ai lu il y a une quizaine de jours, pour cette ambiance, cette Ceda fort attachante. Je suis effectivement curieuse sur le parcours de Emre…
    Bref, j’ai eu le tome 2 à Noël et je ne regrette absolument pas!
    Belle critique, j’espère que tu convaincras beaucoup de lectreurs! 🙂

    • Ah, oui, je viens d’aller voir ta chronique du tome 1, et quelle chronique d’ailleurs ! Si je n’avais pas déjà lu le tome 1, elle m’aurait donné envie d’aller le lire immédiatement 😉
      Le tome 2 à Noël, en voilà un chouette cadeau, tiens ! Du coup, si tu ne l’as pas encore lu, je te souhaite de l’apprécier autant qu’il a pu me plaire, et si tu l’as déjà lu, j’ai hâte de lire ce que tu en penses. En attendant, merci beaucoup pour ton commentaire 😀 j’espère aussi pouvoir convaincre un maximum de lecteurs, parce que vraiment, ce serait passer à côté de quelque chose !

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